mercredi 17 août 2016

Coups de coeur à l'Île d'Orléans...

Mon épouse, Ginette Lemery, et moi avons décidé de passer trois jours de vacances à l'Île d'Orléans. Comme ça. Sans préavis. Sans planification. Coups de fil à la dernière minute pour repérer un bon gîte et petit déjeuner… La chance nous a souri… chambre disponible, les 9, 10 et 11 août, à «La belle histoire», une maison de l'époque des Patriotes (1838), située à Saint-Laurent de l'Île d'Orléans… Trois journées merveilleuses nous attendaient… En voici quelques fragments… (3e de 3)

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L'église de Saint-Jean, à la sortie de la route du Mitan

Mon quartier résidentiel de Gatineau (appelé Bellevue) compte environ 6000 habitants, et si l'on me demandait quel pourrait être son principal attrait, j'aurais de la difficulté à répondre. Peut-être le petit parc forestier à quelques pas de chez nous… mais c'est à peu près tout. Si je le mentionne, c'est pour établir une échelle (très imparfaite j'en conviens) de comparaison avec l'île d'Orléans, où ma liste de coups de coeur n'en finit plus. Là, les six municipalités ne regroupent, au total, que 6700 âmes...

Bien sûr la superficie n'est pas la même. L'île de Félix s'étale d'est en ouest sur 268 kilomètres carrés, soit environ 70% de la surface entière de la ville de Gatineau (380 km carrés), où vivent par ailleurs près de 275 000 personnes. Quoiqu'il en soit, en trois jours à peine, quelques milliers d'Orléanais nous en ont mis plein la vue sur les quelque 70 km insulaires de la route 368, dont les panneaux indiquent toujours l'«Est» même si nous roulons aussi en directions nord, sud et ouest sur son parcours oblong…

En traversant les six villages historiques de l'île, chacun arborant un magnifique clocher, mon épouse et moi sommes passés d'un coup de coeur à l'autre, entre les produits artisanaux, les vignobles, les chocolateries, les bonnes tables, une fromagerie, une forge, des cidreries, des kiosques de fraises et bleuets locaux, sans oublier l'Espace Félix-Leclerc et toutes ces maisons canadiennes d'une autre époque, solides, bien conservées. Et que dire des paysages, surtout des vues sur le fleuve…


Le gîte «La belle histoire»

Nous y avons découvert bien malgré nous une «filière française», en commençant par le joli gîte La belle histoire dans le village de Saint-Laurent. Isabelle, la jeune propriétaire, a quitté la région de Bordeaux il y a quelques années pour reprendre racine à l'île d'Orléans, comme nos ancêtres d'il y a plus de 300 ans. Assise en soirée sur le grand perron de sa maison de 1838, elle emprunte le doux accent méridional de la France pour skyper avec sa mère mais maîtrise déjà nos expressions, nous avertissant que la porte d'entrée pourrait être barrée (et non verrouillée) en journée…

L'expérience d'un bon gîte avec chambres confortables et cuisine savoureuse devient vite un coup de coeur quand, de plus, le petit déjeuner s'étire en conservations agréables avec les occupants des autres chambres. Entre le couple montréalais venu se balader en vélo dans l'île (ce qui n'est pas de tout repos sur l'étroite 368), celui de Saint-Lin des Laurentides (localité que nous avons traversée sur la 158 en y allant) et les derniers arrivés, de Sherbrooke, les échanges animés auraient pu se poursuivre toute la journée…



À quelques kilomètres de là, sur le chemin Royal (la 368) apparaît l'invitante affiche de La Forge à Pique-Assaut (prononcer Picasso…), où un vieux forgeron de 80 ans, venu de France lui aussi pour s'installer à l'île d'Orléans au début des années 1970, pratique toujours son art… pour le plus grand plaisir des nombreux amateurs d'oeuvres forgées. Quand nous sommes passés, il prenait congé pour aller à la pêche, mais fait encore des démonstrations à la forge pour les visiteurs. Un incontournable!



À Saint-Pierre, près de l'Espace Félix-Leclerc, la famille Monna est devenue une célébrité avec sa crème de cassis, médaillée partout (et notamment à Londres et Los Angeles, ces dernières semaines!). Fondée par Bernard Monna, qui a quitté le sud de la France pour l'île d'Orléans, l'entreprise Cassis Monna & Filles (http://www.cassismonna.com/fr/) est désormais dirigée par ses filles Anne et Catherine, qui en ont fait une grande attraction touristique à Saint-Pierre! Entre la cave à vins, le bar à dégustation, la crèmerie, le restaurant et l'accueil chaleureux, les espaces de stationnement se font rares et la place est bondée en belle saison!



Mais ce que la patrie de Félix offre aux visiteurs dépasse largement les adresses ci-haut mentionnées. Au-delà des six églises patrimoniales et d'une quantité impressionnante de gîtes et d'auberges, le Tour de l'île est émaillé de bonnes tables que nous avons eu la joie d'échantillonner pendant notre séjour. Nos soirées aux restaurants Aux ancêtres, Vieux Presbytère et La Goéliche auront été un véritable hommage à notre cuisine du terroir.



Les amateurs de délices locaux sont partout bien servis - vignobles (notamment Isle de Bacchus), fromagerie artisanale, au moins deux chocolateries (diètes s'abstenir!), sans oublier les comptoirs de fraises et de bleuets en bordure de la route. Les fraises de l'île d'Orléans sont connues partout… mais elles sont encore plus savoureuses quand on les mange dans l'île… Et je n'ai même pas abordé l'offre des artistes et artisans, plus qu'appréciable…

Tout ça dans six villages avec une population de moins de 7000 âmes? Quand on y pense...

3 commentaires:

  1. Le Québec, une mère patrie. L'île d'Orléans, le berceau.

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  2. Les belles maisons avec leur toit typique certains les appellent "maisons canadiennes" ce qui n'est pas faux puisque autrefois c'était nous les "Canadiens" mais par les temps qui courent, je préfère les appeler "maisons normandes" d'où origine l'architecture et la jolie pente du toit.

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