Les lectures ou relectures de livres et journaux (de vrais documents en papier, pas des bouts de textes reproduits sur Internet) qu'on a rangés sur nos tablettes au fil des décennies servent parfois à raviver des repères qui se sont effacés avec le temps et qui, au fond, conservent leur pertinence. Ainsi en est-il, entre autres, de ce cahier spécial du Devoir publié le 30 janvier 2000 à l'occasion du 90e anniversaire du quotidien montréalais.
Dans cette édition, on retrouve des textes de différentes époques signés par d'anciens rédacteurs du journal. J'ai en particulier retenu un texte d'André Laurendeau (ancien patron du Devoir et coprésident de la Commission B-B dans les années 1960), publié le 18 novembre 1958 après que le premier ministre de l'époque, Maurice Duplessis, eut appelé un policier pour expulser un journaliste du Devoir, Guy Lamarche, d'une de ses conférences de presse. Il n'avait aucune raison autre que sa hargne contre toute presse qui n'était pas servile...
Ce qui retient mon attention, ce ne sont pas tant les protestations justifiées de M. Laurendeau ou des groupes de journalistes québécois de l'époque, mais l'attitude des médias de langue anglaise, et notamment des journaux anglo-montréalais. Notant le silence initial de la presse anglophone de Montréal, il ajoute que la Gazette a publié là-dessus un article somme toute sympathique au gouvernement Duplessis et que le défunt Star ne voit pas dans l'expulsion du reporter du Devoir quelque chose de mauvais... tout au plus un geste maladroit. À la question qui s'impose - Pourquoi? - André Laurendeau répond ceci :
« Les journaux anglophones du Québec se comportent comme les Britanniques au sein d'une colonie d'Afrique.
« Les Britanniques ont le sens politique, ils détruisent rarement les institutions juridiques d'un pays conquis. Ils entourent le roi nègre mais ils lui passent des fantaisies. Ils lui ont permis à l'occasion de couper des têtes: ce sont les moeurs du pays. Une chose ne leur viendrait pas à l'esprit: et c'est de réclamer d'un roi nègre qu'il se conforme aux hauts standards moraux et politiques des Britanniques.
« Il faut obtenir du roi nègre qu'il collabore et protège les intérêts des Britanniques. Cette collaboration assurée, le reste importe moins. Le roitelet viole les règles de la démocratie? On ne saurait attendre mieux d'un primitif. »
Le colonialisme constituait à l'époque une grille d'analyse fréquente pour expliquer le comportement collectif, passé et actuel des francophones « colonisés » du Québec et de nos « Rhodésiens », pour employer l'expression de René Lévesque. Ce dernier avait aussi analysé le Québec du début des années 1970 d'un point de vue similaire. Il écrivait en 1971 dans dans la préface d'un des volumes de la grande série L'humanité en marche, ce qui suit :
« Ce que nous vivons, et qui dicte la seule démarche susceptible d'aboutir à l'émancipation, c'est un colonialisme feutré qui parvient dangereusement à donner les apparences de son contraire.
« Citoyen d'une société dépendante et bien manipulée, mais nanti de tous les droits dont le libéralisme anglo-saxon a gratifié l'individu, privé de surcroit de cette perception brutale de son infériorité que le racisme impérial imposait à l'homme de couleur, le Québécois devint ce qu'un de nos écrivains de la révolte a décrit d'une formule lapidaire : "le nègre blanc d'Amérique".
« Comme le chien de La Fontaine, le Québec français a si longtemps porté son collier feutré que, souvent, même ceux qui l'ont enfin brisé en gardent, sinon la nostalgie, en tout cas un réflexe conditionné d'incertitude et d'hésitation devant le défi troublant de la responsabilité nationale.
« De ce colonialisme de bonne compagnie, il est en fin de compte bien plus malaisé de sortir que de l'autre, celui qui ne se déguise pas et qui, à force d'exploitation et de violence ouverte, amène les "damnée de la terre" à se dresser en bloc contre lui. »
Il serait intéressant d'analyser le comportement actuel des médias anglophones avec une telle grille d'analyse, notamment dans le débat sur la Charte des valeurs et sur les dérivés de la Loi 101 (y compris le défunt projet de loi 14). Dans l'un comme dans l'autre, le peuple québécois s'affranchit enfin des valeurs « coloniales » traditionnelles, par l'affirmation de principes nettement laïcs et républicains, ainsi que par les multiples tentatives de consécration du français comme langue commune de la nation.
L'époque du Speak white, que ceux de ma génération ont entendu à l'occasion, n'est pas si loin. Sous l'épiderme de plusieurs anglophones, et notamment dans certains médias, couve la vieille attitude que « leur » langue et « leurs » valeurs sont supérieures aux nôtres. Le ton qu'ils emploient toujours, quand on les accule tant soit peu au pied du mur, frise souvent la colère haineuse...
Les relents d'un certain colonialisme...
mardi 7 janvier 2014
samedi 4 janvier 2014
Don et Phil et les autres
À Noël, en 1957, j'ai eu en cadeau de mes parents un tourne-disque de marque Seabreeze, un peu comme celui-ci... En tout cas, d'un genre semblable...
Tout un cadeau pour un enfant de 11 ans à l'époque... Et s'y ajoutaient, gracieuseté de ma grand-mère maternelle et d'une de mes tantes je crois, deux 78 tours (les 45 tours existaient mais celles qui m'ont offert les disques étaient de la génération des vieux 78 tours) : Wake Up Little Susie des Everly Brothers (mon préféré) et At the Hop, de Danny and the Juniors. J'y pense aujourd'hui parce que la moitié du duo Everly - Phil - est décédé hier... et qu'un tas de souvenirs des années 50 me revient en vagues.
Les frères Don et Phil Everly font partie de la génération des pionniers du rock'n'roll, dans le sillage des Chuck Berry, Elvis, Jerry Lee Lewis, Johnny Cash, Roy Orbison et autres. Aujourd'hui, le rock et ses dérivés font partie du quotidien occidental au point d'en être devenu banal, mais au milieu des années 1950, c'était une véritable révolution...
J'ai encore en mémoire cette première prestation d'Elvis Presley à l'émission d'Ed Sullivan, suscitant commentaires et regards scandalisés de nombreux adultes...
J'ai encore en mémoire cette première prestation d'Elvis Presley à l'émission d'Ed Sullivan, suscitant commentaires et regards scandalisés de nombreux adultes...
L'attrait, pour les enfants et ados, a été instantané. Il y avait dans notre quartier un jeune, dont je ne me souviens pas du nom, qui jouait de la guitare et connaissait les chansons des rockers. Quand, sur nos trottoirs, il lançait quelques accords connus avec des paroles parfois approximatives, il y avait inévitablement un attroupement.
Un autre jeune du coin, Paul Anka, venait jouer de temps en temps chez un de nos voisins, Raymond Carrière, mais on ne l'a vraiment découvert qu'à la sortie de Diana. Il était alors déjà aux USA...
Je me souviens de la radio dans la vieille Pontiac 1950 de mon père, qui captait mieux que nos radios de cuisine les stations rock'n'roll du nord des États-Unis...
Un autre jeune du coin, Paul Anka, venait jouer de temps en temps chez un de nos voisins, Raymond Carrière, mais on ne l'a vraiment découvert qu'à la sortie de Diana. Il était alors déjà aux USA...
Je me souviens de la radio dans la vieille Pontiac 1950 de mon père, qui captait mieux que nos radios de cuisine les stations rock'n'roll du nord des États-Unis...
Dans un univers canadien-français catholique où tout était ordonné selon les règles du petit catéchisme, la guitare électrique de Chuck Berry, les déhanchements du king, les harmonies des frères Everly, les rythmes païens de basse et batterie, les paroles d'amour, de sexe et de rébellion constituaient aux yeux de nos «préfets de discipline» un gigantesque péché sur lesquels ils n'avaient aucune prise.
Le rock'n'roll, conjugué à la radio, à la télé et aux disques, annonçait déjà la turbulence des années 1960. Le monde ne serait plus jamais le même...
Le rock'n'roll, conjugué à la radio, à la télé et aux disques, annonçait déjà la turbulence des années 1960. Le monde ne serait plus jamais le même...
J'ai encore quelques-uns de ces 78 tours... même si je n'ai plus de table tournante qui les accepte. Elle ne prend que les 33 et 45 tours, et en joue tous les jours... même en 2014.
Au moment d'écrire ces lignes, j'écoute le vinyle des grands succès des Everlys... Leur musique n'a rien perdu de l'attrait qu'elle exerçait à l'ère des 78 tours... Bye Bye... Phil.
vendredi 3 janvier 2014
Un visage Web unilingue anglais... à Gatineau
Dans le secteur ouest de Gatineau, entre les anciennes villes de Hull et Aylmer, un hôtel de gamme supérieure se dresse, entre deux terrains de golf. L'établissement, jusqu'à récemment appelé « Château Cartier », a été renommé à la fin d'octobre 2013 « DoubleTree by Hilton Hotel Gatineau-Ottawa »... une appellation unilingue anglaise à l'image de son site Web... également unilingue anglais.
Non seulement les propriétaires ne se sont-ils pas donné la peine d'y traduire le nom en français, ils indiquent même comme adresse « 1170 Aylmer Road »... un nom de rue depuis longtemps abandonné en faveur de « Chemin d'Aylmer ». La page Web* offre une description complète de l'établissement et des services... en anglais seulement. De fait, le seul élément en français dans la page se lit comme suit : « Réservez en français »... De ce lien, par d'autres liens, on a droit à certains renseignements sur l'hôtel en langue française. Mais ce n'est pas un parcours évident.
Au bas de la page, le site mondial de Hilton propose des liens vers une foule d'autres langues pour comprendre ses produits : l'arabe, le russe, le japonais, le chinois, le coréen, le tchèque, le néerlandais, l'allemand, l'italien, le polonais, le portugais, le roumain, l'espagnol, le turc... mais pas le français. S'ils avaient voulu se moquer des Gatinois et Québécois francophones, ainsi que des francophones du côté ontarien de l'Outaouais, ils n'auraient pas fait mieux.
Cette insultante absence de la seule langue officielle de Gatineau et du Québec a été décriée par quelques individus, ça et là, mais on a eu droit à un silence général de la plupart des autorités, y compris nos députés, maires et conseillers municipaux... À la ville, on m'informe que cela ne relève pas de sa juridiction mais que les politiciens sont libres de prendre position. M. Pedneaud-Jobin? Les conseillers du secteur d'Aylmer? Quelqu'un?
Quand le statut de l'anglais est perçu comme étant menacé, il ne manque jamais de défenseurs des Anglo-Québécois... Quand le français est réellement menacé, cependant, nos défenseurs se font rares...
Et où est notre vaillant gouvernement du Québec dans tout ça? Dois-je comprendre que lorsqu'il s'agit d'un site Web, toute entreprise du Québec peut librement s'afficher unilingue anglaise? Si c'est le cas, il est temps de colmater une brèche importante dans la Loi 101... Non, vérification faite, à l'OQLF, on m'assure que cette page unilingue anglaise est illégale. On n'aurait qu'à porter plainte...
Enfin, qu'on ne vienne pas me faire croire que l'établissement, associé au groupe Hilton, n'a pas les moyens de présenter un visage francophone... De fait, l'entreprise a publié dans le quotidien LeDroit un publi-reportage, le samedi 2 novembre, qui pourrait bien servir de vitrine française sur sa page Web... Pourquoi, plus de deux mois après l'inauguration, ne l'a-t-on pas utilisé?
Peut-être les propriétaires préparent-ils une vitrine Web francophone pour bientôt. Ils l'ont déjà fait, en partie, sur Facebook. On l'espère. Mais pour le moment, on a surtout l'impression de se retrouver à l'époque où on se laissait toujours manger la laine su'l'dos...
*Adresse Internet du « DoubleTree by Hilton Hotel Gatineau-Ottawa » : http://doubletree3.hilton.com/en/hotels/quebec/doubletree-by-hilton-hotel-gatineau-ottawa-YOWARDT/index.html
Non seulement les propriétaires ne se sont-ils pas donné la peine d'y traduire le nom en français, ils indiquent même comme adresse « 1170 Aylmer Road »... un nom de rue depuis longtemps abandonné en faveur de « Chemin d'Aylmer ». La page Web* offre une description complète de l'établissement et des services... en anglais seulement. De fait, le seul élément en français dans la page se lit comme suit : « Réservez en français »... De ce lien, par d'autres liens, on a droit à certains renseignements sur l'hôtel en langue française. Mais ce n'est pas un parcours évident.
Au bas de la page, le site mondial de Hilton propose des liens vers une foule d'autres langues pour comprendre ses produits : l'arabe, le russe, le japonais, le chinois, le coréen, le tchèque, le néerlandais, l'allemand, l'italien, le polonais, le portugais, le roumain, l'espagnol, le turc... mais pas le français. S'ils avaient voulu se moquer des Gatinois et Québécois francophones, ainsi que des francophones du côté ontarien de l'Outaouais, ils n'auraient pas fait mieux.
Cette insultante absence de la seule langue officielle de Gatineau et du Québec a été décriée par quelques individus, ça et là, mais on a eu droit à un silence général de la plupart des autorités, y compris nos députés, maires et conseillers municipaux... À la ville, on m'informe que cela ne relève pas de sa juridiction mais que les politiciens sont libres de prendre position. M. Pedneaud-Jobin? Les conseillers du secteur d'Aylmer? Quelqu'un?
Quand le statut de l'anglais est perçu comme étant menacé, il ne manque jamais de défenseurs des Anglo-Québécois... Quand le français est réellement menacé, cependant, nos défenseurs se font rares...
Et où est notre vaillant gouvernement du Québec dans tout ça? Dois-je comprendre que lorsqu'il s'agit d'un site Web, toute entreprise du Québec peut librement s'afficher unilingue anglaise? Si c'est le cas, il est temps de colmater une brèche importante dans la Loi 101... Non, vérification faite, à l'OQLF, on m'assure que cette page unilingue anglaise est illégale. On n'aurait qu'à porter plainte...
Enfin, qu'on ne vienne pas me faire croire que l'établissement, associé au groupe Hilton, n'a pas les moyens de présenter un visage francophone... De fait, l'entreprise a publié dans le quotidien LeDroit un publi-reportage, le samedi 2 novembre, qui pourrait bien servir de vitrine française sur sa page Web... Pourquoi, plus de deux mois après l'inauguration, ne l'a-t-on pas utilisé?
Peut-être les propriétaires préparent-ils une vitrine Web francophone pour bientôt. Ils l'ont déjà fait, en partie, sur Facebook. On l'espère. Mais pour le moment, on a surtout l'impression de se retrouver à l'époque où on se laissait toujours manger la laine su'l'dos...
*Adresse Internet du « DoubleTree by Hilton Hotel Gatineau-Ottawa » : http://doubletree3.hilton.com/en/hotels/quebec/doubletree-by-hilton-hotel-gatineau-ottawa-YOWARDT/index.html
jeudi 2 janvier 2014
Le coup de masse...
Disons tout haut ce que certains pensent sans doute déjà tout bas... L'essentiel des matières premières nécessaires à la création d'une université de langue française en Ontario existe déjà ! Ces matières premières sont d'ailleurs bien en évidence, sous la forme de professeurs, d'étudiants et de programmes, principalement à l'Université d'Ottawa, mais aussi à l'Université Laurentienne et dans d'autres institutions universitaires, telles le Collège Glendon (Université York) et le Collège d'Alfred (Université de Guelph). Il faudra bonifier, certes, mais la base est là !
Le problème, c'est que ces professeurs, étudiants et programmes vivent dans des encadrements bilingues sous la tutelle, parfois récente mais désormais permanente, de majorités anglophones et de dynamiques anglicisantes. Il n'y a pas beaucoup de manières de s'en sortir. Ou on veut une université de langue française ou on continuera de se satisfaire de demi-mesures éventuellement fatales... Il n'y a, selon ma perception, qu'un moyen efficace de créer cette université : c'est de décréter sans délai, par loi, son existence et d'ordonner que tous les programmes francophones actuels dans des institutions bilingues en fassent partie. Et que le tout passe sous gouvernance franco-ontarienne !
Toute autre solution - et je peux en imaginer des dizaines - aura pour conséquence d'étirer la solution sur des décennies et de multiplier les négociations et tiraillements dans un climat qui ne manquera pas de pourrir au fil des ans... La collectivité franco-ontarienne a besoin de cette université et ne peut plus se permettre le luxe d'attendre une conjoncture politique plus favorable. Cette conjoncture, elle est ici, maintenant. Dans l'état actuel de l'opinion publique anglophone, les successeurs du gouvernement Wynne ont toutes les chances d'être moins bien disposés envers la minorité franco-ontarienne.
Elle est finie, non, cette époque où l'on doive se fier à la « bonne volonté » de la majorité pour assurer la protection et la promotion des institutions de langue française? L'Université d'Ottawa peut jurer avec solennité son dévouement à la cause francophone mais la réalité de quelques-uns de ses comportements, jumelée à la minorisation des effectifs francophones depuis un demi-siècle, peint un portrait plus nuancé. Comment faire confiance à une administration qui a reculé devant la simple installation d'un drapeau franco-ontarien géant au coeur du campus, près de son Monument de la francophonie, par crainte d'offusquer les anglos?
Il existe une dynamique d'engagement francophone à l'Université, mais elle semble émaner bien plus du personnel et des étudiants que d'une volonté concertée de francisation des autorités. Le foisonnement de projets issus du Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l'Université d'Ottawa et de certaines chaires de recherche témoigne de l'engagement de leurs titulaires et du dévouement d'individus occupant des postes clés. Les Linda Cardinal, François Charbonneau, Michel Bock, France Martineau et bien d'autres ont fait de l'U. d'Ottawa un carrefour incontournable pour la francophonie nord-américaine.
J'imagine déjà les hauts cris à l'idée de démanteler les universités bilingues et d'en extirper les professeurs et étudiants francophones de toutes les facultés... Les scénarios les plus catastrophiques seront brandis. Quant à moi, je fais confiance à nos cohortes de fonctionnaires et gestionnaires pour trouver une solution à ce joli casse-tête. Créer une université franco-ontarienne sans bouleverser le trajet éducatif des étudiants et professeurs dans quatre ou cinq institutions est certainement une opération à la portée de nos armées d'experts en gestion de crise, qui en ont vu bien d'autres... Posons leur la question. En un clin d'oeil, du choc des idées jailliraient des éléments de solution...
Le Regroupement étudiant franco-ontarien (REFO), flanqué de ses partenaires (l'AFO et la FESFO), a terminé ses consultations et tiendra en 2014 son sommet provincial des États généraux sur le postsecondaire en Ontario français. J'ai assisté à la consultation d'Ottawa et noté la volonté très ferme, quasi unanime, quant à la nécessité d'une gestion francophone du postsecondaire en français. Quand vient le temps de proposer des modèles, cependant, les divisions surgissent - c'est normal - et je n'ai pas entendu beaucoup de jeunes et de moins jeunes proposer une attaque frontale contre les institutions existantes. Or, je crains, à moins d'un coup de masse dans l'échafaudage actuel, qu'on découvre à l'usure que la stratégie « bilingue » est merveilleusement équipée pour résister très longtemps aux projets de francisation du postsecondaire...
Mon point de vue, je le crains, ne ralliera pas beaucoup d'adeptes... Or, il existe présentement un mouvement en marche, un mouvement qui a su rassembler des centaines de personnes, et qui a su jeter des ponts entre les organismes francophones et les générations. C'est déjà un exploit. Tout ce que je peux souhaiter, c'est que cette fois, les promoteurs d'un projet d'université franco-ontarienne ne se contentent pas de demi-solutions et que, contre toute attente, les grandes universités bilingues se rangent elles aussi derrière le projet.
En 2014... Envoyons d'l'avant, nos gens...
mercredi 1 janvier 2014
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An...
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An, gai-lon-là mon Joe ma lurette
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An, faut changer de maîtresse...
(Mon Joe, de Paul Piché)
Hier soir, attablés pour célébrer la veille de ce Jour de l'An 2014, nous étions les cinq couples habituels à ressasser l'année qui s'achève et formuler des voeux pour celle qui s'amorce... Les sujets qui marquent nos quotidiens ont changé au fil des décennies, âge avançant oblige, mais le plus remarquable, c'est que nous soyons toujours là... Les mêmes couples, les mêmes dix individus, des roseaux vieillissants, certes, mais encore capables de courber sans briser devant les intempéries de la vie...
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An, gai-lon-là mon Joe ma lurette...
Pierre et Carole, Robert et Jocelyne, Guy et Jeannine, ensemble depuis les années soixante... Ginette et moi, Marcel et Véronique, en couple depuis les années soixante-dix... D'un Jour de l'An à l'autre, depuis près d'un demi-siècle pour quelques-uns d'entre nous, personne n'a - comme dit la chanson de Paul Piché - changé de maîtresse ou d'amant... Dans un monde de bouleversements où tout semble se transformer de plus en plus vite, cette continuité nous apparaît toujours remarquable.
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An, gai-lon-là mon Joe ma lurette...
Entre une enfance où la télévision nous était inconnue, où le le laitier et le boulanger arpentaient le quartier dans des voitures tirées par des chevaux, où le clocher paroissial était le principal lieu de rassemblement, où quelques sous remplissaient nos deux mains de bonbons... et ce 21e siècle où la vie ne se conçoit plus sans écrans, où l'Internet régit de plus en plus les modes de vie et les comportements, où Facebook est devenu le principal lieu de rassemblement des familles et cercles d'amis, il y a un pont : ces amitiés, ces amours qui ont subi avec succès l'épreuve du temps.
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An, gai-lon-là mon Joe ma lurette...
Nous ne parlons plus d'enfants à élever, de carrières à développer, de maisons à construire, de lointains plans d'avenir... Le sujet universel, c'est désormais la santé... Les bobos de l'un qui s'est étiré les muscles du dos, la blessure à l'épaule de l'autre qui a glissé dans la rue glacée, les maladies graves et moins graves qui nous ont touchés ou qui, pire, commencent à toucher nos enfants... D'année en année, tous les dix, nous continuons à nous relever mais pour combien de temps encore? Des années, des décennies?
Enfin, peu importe! Nous y sommes toujours, avec toutes nos têtes, nos amours, nos amitiés, nos solidarités, et oui... encore des projets... plus immédiats mais tout aussi emballants. Comme le chantait Georges Dor, « le monde se lève à nos fenêtres, et les sapins sont toujours verts ! »
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An, gai-lon-là mon Joe ma lurette...
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An, moé, j'change pas d'maîtresse...
Bonne année 2014 à tous et à toutes
Avec l'espoir de reformuler les mêmes voeux au Jour de l'An 2015...
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An, faut changer de maîtresse...
(Mon Joe, de Paul Piché)
Hier soir, attablés pour célébrer la veille de ce Jour de l'An 2014, nous étions les cinq couples habituels à ressasser l'année qui s'achève et formuler des voeux pour celle qui s'amorce... Les sujets qui marquent nos quotidiens ont changé au fil des décennies, âge avançant oblige, mais le plus remarquable, c'est que nous soyons toujours là... Les mêmes couples, les mêmes dix individus, des roseaux vieillissants, certes, mais encore capables de courber sans briser devant les intempéries de la vie...
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An, gai-lon-là mon Joe ma lurette...
Pierre et Carole, Robert et Jocelyne, Guy et Jeannine, ensemble depuis les années soixante... Ginette et moi, Marcel et Véronique, en couple depuis les années soixante-dix... D'un Jour de l'An à l'autre, depuis près d'un demi-siècle pour quelques-uns d'entre nous, personne n'a - comme dit la chanson de Paul Piché - changé de maîtresse ou d'amant... Dans un monde de bouleversements où tout semble se transformer de plus en plus vite, cette continuité nous apparaît toujours remarquable.
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An, gai-lon-là mon Joe ma lurette...
Entre une enfance où la télévision nous était inconnue, où le le laitier et le boulanger arpentaient le quartier dans des voitures tirées par des chevaux, où le clocher paroissial était le principal lieu de rassemblement, où quelques sous remplissaient nos deux mains de bonbons... et ce 21e siècle où la vie ne se conçoit plus sans écrans, où l'Internet régit de plus en plus les modes de vie et les comportements, où Facebook est devenu le principal lieu de rassemblement des familles et cercles d'amis, il y a un pont : ces amitiés, ces amours qui ont subi avec succès l'épreuve du temps.
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An, gai-lon-là mon Joe ma lurette...
Nous ne parlons plus d'enfants à élever, de carrières à développer, de maisons à construire, de lointains plans d'avenir... Le sujet universel, c'est désormais la santé... Les bobos de l'un qui s'est étiré les muscles du dos, la blessure à l'épaule de l'autre qui a glissé dans la rue glacée, les maladies graves et moins graves qui nous ont touchés ou qui, pire, commencent à toucher nos enfants... D'année en année, tous les dix, nous continuons à nous relever mais pour combien de temps encore? Des années, des décennies?
Enfin, peu importe! Nous y sommes toujours, avec toutes nos têtes, nos amours, nos amitiés, nos solidarités, et oui... encore des projets... plus immédiats mais tout aussi emballants. Comme le chantait Georges Dor, « le monde se lève à nos fenêtres, et les sapins sont toujours verts ! »
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An, gai-lon-là mon Joe ma lurette...
C't-aujourd'hui, l'Jour de l'An, moé, j'change pas d'maîtresse...
Bonne année 2014 à tous et à toutes
Avec l'espoir de reformuler les mêmes voeux au Jour de l'An 2015...
mardi 31 décembre 2013
Mes éditoriaux dans Le Droit. Juillet à décembre 2013.
Mes éditoriaux dans le quotidien Le Droit, de juillet à décembre 2013. Avec une citation de chacun.
vendredi 12 juillet
Un pape qui bouscule
«Après huit années de pontificat, personne n’avait oublié que Benoît XVI s’appelait Joseph Ratzinger. Or, quatre mois à peine après l’élection de son successeur, Jorge Mario Bergoglio s’efface déjà de la mémoire collective. L’ancien cardinal de Buenos Aires est devenu, aux yeux de tous, entièrement et irrévocablement, le pape François.»
jeudi 18 juillet
L'archidiocèse incomplet
«S’il existe encore un brin de décence politique dans l'édifice ecclésiastique canadien, on complétera le cinquantenaire de l’Archidiocèse de Gatineau en lui remettant ce qu’il aurait dû obtenir dès sa fondation en 1963 : l’autorité sur le Pontiac. Mgr Durocher n’a qu’à en faire vigoureusement la demande. L’Assemblée des évêques du Québec l’appuiera, et la Conférence des évêques catholiques du Canada n’aura pas d'argument valable à lui opposer, autre que les cris des Anglo-Pontissois et du diocèse de Pembroke. Les cris de ceux qui n’ont jamais fait de quartier à leurs concitoyens de langue française…»
mardi 23 juillet
Réponse décevante
«Selon (Graham Fraser), ces employés (de la Défense nationale) "conserveraient leur droit de travailler en français" et le ministère aurait toujours l’obligation de permettre au personnel d’utiliser l’une ou l’autre des deux langues officielles. M. Fraser divague-t-il ? Il doit savoir que ce "droit" n’existe pas, dans les faits, et que l’immense majorité des francophones sont obligés de travailler en anglais dans la région de la capitale fédérale…»
mercredi 24 juillet
Égalité non négociable!
«Que l’Église catholique interdise le sacerdoce aux femmes est regrettable, mais nous n’y pouvons rien. Il est malheureux que l’Islam traite les femmes et les hommes différemment dans ses pratiques internes, mais cela ne concerne que les musulmans. Sur la place publique, cependant, dans nos lieux citoyens, au gouvernement, devant les tribunaux, l’égalité de l’homme et de la femme n’est plus négociable. Et si, pour l’assurer, il faut accentuer et enchâsser les principes de laïcité, qu’on le fasse. L’égalité reste la pierre d’assise.»
mardi 30 juillet
Un revers majeur!
«Trois des quatre juges ayant signé cette décision malodorante, y compris l’auteur du jugement, le Québécois Richard Wagner, ont été nommés par Stephen Harper, et deux d’entre eux, les juges Moldaver et Rothstein, ont été critiqués pour leur unilinguisme anglais. Pour ce seul motif, ils auraient dû être écartés de la cause. S’ils ne peuvent comprendre le français sans interprète, ils sont incompétents ici. L’ère Harper s’amorce à la Cour suprême et pour les francophones, la tenue de combat semble désormais indiquée. Cette cour, eut-elle été appelée à trancher, n’aurait pas sauvé Montfort !»
samedi 10 août
Volonté de résistance
À Ottawa, «nos quartiers ont été décimés. Maintenant disparaîtront, une à une, des pièces importantes du patrimoine bâti, témoins de notre présence. Il est temps que les francophones montent aux barricades s’ils ne veulent pas que tombent sous le pic des démolisseurs, dans une relative indifférence générale, des édifices tels que l’Union du Canada et l’église St-Charles. Ce n’est pas Montfort mais la cause est bonne. Reste-t-il quelque volonté de résistance ?»
mardi 13 août
Le sort du Sénat
«Si l’on s’en tient aux textes constitutionnels, on ne voit pas pourquoi le gouvernement fédéral ne pourrait pas, en principe, rayer le Sénat de la carte sans consulter les provinces. En 1968, Québec avait aboli son Sénat provincial (le Conseil législatif) sans avoir besoin d’une autorisation d’Ottawa.»
vendredi 30 août
Gestes citoyens
«Une question pour tous, toutes : à quand remonte votre dernier "geste citoyen"? Quand, pour la dernière fois, avez-vous posé un geste volontaire comme citoyen d’une municipalité, d’une région, d’une province, d’un pays, ou même de la planète ? On entend, partout, des gens "chialer" contre politiciens et gouvernements, mais se plaindre en privé ne constitue guère une activité citoyenne.»
Tunney's Pasture ou «le port»?
Si OC Transpo (transport en commun d'Ottawa) avait consulté quelques historiens ou effectué une véritable recherche, on aurait vite appris que le secteur que les anglophones appellent Tunney’s Pasture avait un nom français bien à lui depuis une centaine d’années au moins. Pour la communauté francophone adjacente de Mechanicsville, l’ancien pâturage de M. Tunney, c’était "le port".»
vendredi 6 septembre
Justice élémentaire
«Si, à la rentrée scolaire, le gouvernement de Pauline Marois avait annoncé que les étudiants anglo-québécois seraient désormais appelés à fréquenter des universités bilingues administrées par la majorité francophone, le pays tout entier aurait crié au meurtre ! Mais que les Franco-Ontariens soient toujours dans l’obligation de quémander un accès élargi à des programmes postsecondaires en français, ainsi que leur gouvernance, cela ne semble émouvoir personne !»
samedi 21 septembre
Et dans votre cour?
«À Queen’s Park, cette semaine, les députés ont tiré plus vite que leur ombre contre le Québec (charte des valeurs), mais continuent de se traîner royalement les pattes quand vient le temps de régler les dossiers de leur propre minorité de langue officielle. Redresser les injustices historiques envers les Franco-Ontariens est un processus lent et interminable. À chaque étape, c’est comme arracher une dent à une majorité qui trouve qu’elle a déjà trop consenti. Le Québec est une cible bien plus facile…»
Les longs couteaux
«Le grand allié du Québec dans ce dossier (création d'un organisme pancanadien de réglementation des valeurs mobilières), l’Alberta, évalue présentement ses positions. Prépare-t-on une nouvelle version de la nuit des longs couteaux où le Québec risque de se retrouver seul à protéger les compétences provinciales dans une fédération de plus en plus centralisée ? Il faut le craindre.»
vendredi 18 octobre
Automne historique
«Depuis les années 1960, il a fallu des crises politiques majeures et des décisions judiciaires à caractère constitutionnel pour arracher la gouvernance des écoles primaires et secondaires de langue française aux gouvernements des provinces à majorité anglophone, y compris l’Ontario. Les collèges ont suivi sur le tard. Que l’universitaire échappe toujours au contrôle de la collectivité franco-ontarienne témoigne à la fois de la complexité du secteur et de la puissance de la résistance au changement.»
vendredi 25 octobre
Un petit pas
«Au risque de casser les oreilles de ceux qui sont las de l’entendre, les Franco-Ontariens ont fait le diagnostic du bilinguisme en éducation depuis un demi-siècle et ont conclu, sans nuances, au caractère essentiel d’institutions homogènes françaises. Cela s’est fait d’abord au primaire et au secondaire, puis au collégial. Il ne reste que l’universitaire où la gouvernance échappe aux Franco-Ontariens, et la collectivité francophone de l’Ontario est en droit de s’attendre que son gouvernement adopte immédiatement une position de principe là-dessus.»
samedi 9 novembre
«Notre» Commissaire...
«Si jamais il a existé dans ce pays un titre mal choisi, c’est bien celui de Commissaire aux langues officielles. En effet, dans son plus récent rapport, rendu public jeudi, Graham Fraser vient de démontrer une fois de plus qu’en dépit de tous les enrobages terminologiques, sa fonction réelle est celle d’un Commissaire à la protection et à la promotion de la langue française au Canada. Et que, peu importe le nom dont on l’affuble, il mène pour le moment un combat perdant.»
mercredi 20 novembre
Le sabordage
vendredi 12 juillet
Un pape qui bouscule
«Après huit années de pontificat, personne n’avait oublié que Benoît XVI s’appelait Joseph Ratzinger. Or, quatre mois à peine après l’élection de son successeur, Jorge Mario Bergoglio s’efface déjà de la mémoire collective. L’ancien cardinal de Buenos Aires est devenu, aux yeux de tous, entièrement et irrévocablement, le pape François.»
jeudi 18 juillet
L'archidiocèse incomplet
«S’il existe encore un brin de décence politique dans l'édifice ecclésiastique canadien, on complétera le cinquantenaire de l’Archidiocèse de Gatineau en lui remettant ce qu’il aurait dû obtenir dès sa fondation en 1963 : l’autorité sur le Pontiac. Mgr Durocher n’a qu’à en faire vigoureusement la demande. L’Assemblée des évêques du Québec l’appuiera, et la Conférence des évêques catholiques du Canada n’aura pas d'argument valable à lui opposer, autre que les cris des Anglo-Pontissois et du diocèse de Pembroke. Les cris de ceux qui n’ont jamais fait de quartier à leurs concitoyens de langue française…»
mardi 23 juillet
Réponse décevante
«Selon (Graham Fraser), ces employés (de la Défense nationale) "conserveraient leur droit de travailler en français" et le ministère aurait toujours l’obligation de permettre au personnel d’utiliser l’une ou l’autre des deux langues officielles. M. Fraser divague-t-il ? Il doit savoir que ce "droit" n’existe pas, dans les faits, et que l’immense majorité des francophones sont obligés de travailler en anglais dans la région de la capitale fédérale…»
mercredi 24 juillet
Égalité non négociable!
«Que l’Église catholique interdise le sacerdoce aux femmes est regrettable, mais nous n’y pouvons rien. Il est malheureux que l’Islam traite les femmes et les hommes différemment dans ses pratiques internes, mais cela ne concerne que les musulmans. Sur la place publique, cependant, dans nos lieux citoyens, au gouvernement, devant les tribunaux, l’égalité de l’homme et de la femme n’est plus négociable. Et si, pour l’assurer, il faut accentuer et enchâsser les principes de laïcité, qu’on le fasse. L’égalité reste la pierre d’assise.»
mardi 30 juillet
Un revers majeur!
«Trois des quatre juges ayant signé cette décision malodorante, y compris l’auteur du jugement, le Québécois Richard Wagner, ont été nommés par Stephen Harper, et deux d’entre eux, les juges Moldaver et Rothstein, ont été critiqués pour leur unilinguisme anglais. Pour ce seul motif, ils auraient dû être écartés de la cause. S’ils ne peuvent comprendre le français sans interprète, ils sont incompétents ici. L’ère Harper s’amorce à la Cour suprême et pour les francophones, la tenue de combat semble désormais indiquée. Cette cour, eut-elle été appelée à trancher, n’aurait pas sauvé Montfort !»
samedi 10 août
Volonté de résistance
À Ottawa, «nos quartiers ont été décimés. Maintenant disparaîtront, une à une, des pièces importantes du patrimoine bâti, témoins de notre présence. Il est temps que les francophones montent aux barricades s’ils ne veulent pas que tombent sous le pic des démolisseurs, dans une relative indifférence générale, des édifices tels que l’Union du Canada et l’église St-Charles. Ce n’est pas Montfort mais la cause est bonne. Reste-t-il quelque volonté de résistance ?»
mardi 13 août
Le sort du Sénat
«Si l’on s’en tient aux textes constitutionnels, on ne voit pas pourquoi le gouvernement fédéral ne pourrait pas, en principe, rayer le Sénat de la carte sans consulter les provinces. En 1968, Québec avait aboli son Sénat provincial (le Conseil législatif) sans avoir besoin d’une autorisation d’Ottawa.»
vendredi 30 août
Gestes citoyens
«Une question pour tous, toutes : à quand remonte votre dernier "geste citoyen"? Quand, pour la dernière fois, avez-vous posé un geste volontaire comme citoyen d’une municipalité, d’une région, d’une province, d’un pays, ou même de la planète ? On entend, partout, des gens "chialer" contre politiciens et gouvernements, mais se plaindre en privé ne constitue guère une activité citoyenne.»
Tunney's Pasture ou «le port»?
Si OC Transpo (transport en commun d'Ottawa) avait consulté quelques historiens ou effectué une véritable recherche, on aurait vite appris que le secteur que les anglophones appellent Tunney’s Pasture avait un nom français bien à lui depuis une centaine d’années au moins. Pour la communauté francophone adjacente de Mechanicsville, l’ancien pâturage de M. Tunney, c’était "le port".»
vendredi 6 septembre
Justice élémentaire
«Si, à la rentrée scolaire, le gouvernement de Pauline Marois avait annoncé que les étudiants anglo-québécois seraient désormais appelés à fréquenter des universités bilingues administrées par la majorité francophone, le pays tout entier aurait crié au meurtre ! Mais que les Franco-Ontariens soient toujours dans l’obligation de quémander un accès élargi à des programmes postsecondaires en français, ainsi que leur gouvernance, cela ne semble émouvoir personne !»
samedi 21 septembre
Et dans votre cour?
«À Queen’s Park, cette semaine, les députés ont tiré plus vite que leur ombre contre le Québec (charte des valeurs), mais continuent de se traîner royalement les pattes quand vient le temps de régler les dossiers de leur propre minorité de langue officielle. Redresser les injustices historiques envers les Franco-Ontariens est un processus lent et interminable. À chaque étape, c’est comme arracher une dent à une majorité qui trouve qu’elle a déjà trop consenti. Le Québec est une cible bien plus facile…»
Les longs couteaux
«Le grand allié du Québec dans ce dossier (création d'un organisme pancanadien de réglementation des valeurs mobilières), l’Alberta, évalue présentement ses positions. Prépare-t-on une nouvelle version de la nuit des longs couteaux où le Québec risque de se retrouver seul à protéger les compétences provinciales dans une fédération de plus en plus centralisée ? Il faut le craindre.»
vendredi 18 octobre
Automne historique
«Depuis les années 1960, il a fallu des crises politiques majeures et des décisions judiciaires à caractère constitutionnel pour arracher la gouvernance des écoles primaires et secondaires de langue française aux gouvernements des provinces à majorité anglophone, y compris l’Ontario. Les collèges ont suivi sur le tard. Que l’universitaire échappe toujours au contrôle de la collectivité franco-ontarienne témoigne à la fois de la complexité du secteur et de la puissance de la résistance au changement.»
vendredi 25 octobre
Un petit pas
«Au risque de casser les oreilles de ceux qui sont las de l’entendre, les Franco-Ontariens ont fait le diagnostic du bilinguisme en éducation depuis un demi-siècle et ont conclu, sans nuances, au caractère essentiel d’institutions homogènes françaises. Cela s’est fait d’abord au primaire et au secondaire, puis au collégial. Il ne reste que l’universitaire où la gouvernance échappe aux Franco-Ontariens, et la collectivité francophone de l’Ontario est en droit de s’attendre que son gouvernement adopte immédiatement une position de principe là-dessus.»
samedi 9 novembre
«Notre» Commissaire...
«Si jamais il a existé dans ce pays un titre mal choisi, c’est bien celui de Commissaire aux langues officielles. En effet, dans son plus récent rapport, rendu public jeudi, Graham Fraser vient de démontrer une fois de plus qu’en dépit de tous les enrobages terminologiques, sa fonction réelle est celle d’un Commissaire à la protection et à la promotion de la langue française au Canada. Et que, peu importe le nom dont on l’affuble, il mène pour le moment un combat perdant.»
mercredi 20 novembre
Le sabordage
«Dans le fracas qui continue de marquer le parcours
du projet de loi péquiste sur la laïcité et la neutralité religieuse de l’État,
la décision du gouvernement Marois de saborder ce qui restait du du projet de
loi 14 modifiant la Charte de la langue française est passée relativement
inaperçue. Et c’est dommage, parce que la Loi 101, adoptée en 1977, charcutée
par les tribunaux, usée par l’inaction, avait besoin d’une mise à jour.»
vendredi 29 novembre
Le dollar avant l'humain
«La philosophie qui vise à transformer par à-coups la
fonction publique fédérale en outil du secteur privé étend maintenant ses
tentacules sur tous les continents. La carte du monde n’est plus composée de
pays et d’humains mais de vulgaires marchés, colorés selon la priorité perçue
pour l’économie canadienne. Avis aux nations de la planète : le Canada,
déjà très riche, a établi comme priorité de s’enrichir davantage. Vous savez à
quoi vous en tenir.»
La force du nombre
«Une solide majorité des étudiants au
postsecondaire de langue française étudient dans la capitale fédérale. Et
plus de la moitié des finissants au secondaire franco-ontarien qui choisissent
de poursuivre des études universitaires en français continuent de s’inscrire à
l’Université d’Ottawa. C’est
ici, dans la capitale, que l’on doit ancrer le projet d’université
franco-ontarienne !»
vendredi 13 décembre
Livres au rebut
«Si le gouvernement Harper brûlait des livres sur la
place publique, on assisterait à une véritable levée de boucliers à travers le
pays. Mais fermer ou amputer des bibliothèques spécialisées dans certains
ministères en mettant au rebut des milliers de volumes et documents, cela passe
largement inaperçu dans les milieux politiques et médiatiques. Et quand on
finit par s’en apercevoir, il est souvent trop tard pour réparer les dégâts..»
Bravo!
«Le gouvernement Wynne (vient de) consacrer l’indépendance du
Commissaire (aux services en français), qui devient un officier de la législature. Son autorité relève
maintenant de la population ontarienne et non du parti au pouvoir, quel qu’il
soit. M. Boileau (le Commissaire) a raison : c’est une avancée historique.»
jeudi 26 décembre
La francophobie
«La francophobie existe et elle est bien vivante au Canada. Elle se fonde sur des mensonges
historiques qui, à force d’être répétés, ont fini par devenir des certitudes
pour ceux qui les colportent. Ici, francophones (indépendantistes comme
fédéralistes) et francophiles doivent faire front commun.»
samedi 28 décembre
La Guerre de 1914
«Aura-t-on de nouveau droit à un exercice boiteux de
propagande, ou se donnera-t-on la peine, cette fois, de présenter la
participation du Canada à la Guerre 14-18 en tenant compte du vécu de chacune
des deux solitudes du pays ? Aura-t-on le courage et l’intégrité de sortir
des ornières du discours monarchique-militaire pour présenter les deux côtés de
la médaille ?»
Nom à vendre...
«Les citoyens de Gatineau et du Québec payeront la
totalité de la facture de 63,5 millions $ pour construire le nouveau domicile
des Olympiques et n’auront même pas le loisir de le nommer ! On accordera
ce privilège à un commanditaire privé qui versera tout au plus quelques
centaines de milliers dollars par an… Que le public qui a tout payé décide de
l’identité !»
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